jeudi 14 novembre 2013

Les scrofules, ou le Toucher royal des écrouelles

Il fut un temps - surtout au Moyen-Âge - où de nombreuses maladies se soignaient avec une bonne vieille rasade d'huile de foie de morue. Parmi celles-ci, nous trouvons les écrouelles (ou humeurs froides - voir article "La Théorie des humeurs"), dont une thérapie me semblait bel et bien digne d'intérêt : le toucher royal.

Avant tout, remontons à l'origine des mots, et constatons que tout le monde n'est pas d'accord. En effet, d'un point de vue étymologique, le bon vieux Dictionnaire médical Larousse du début de siècle nous indique que scrofule est un mot hérité de scrofulae (de scrofa, truie) faisant ainsi mention aux tumeurs ganglionnaires du porc, alors que Wikipédia - quelque peu moins précis - nous parle de "l'aspect dégoûtant des symptômes". 
Pour ce qui est des écrouelles (apparemment très proche des scrofules), le même dictionnaire les décrit comme des "adénites suppurées du cou", et plus précisément "plaies provenant de l'ouverture d'abcès du cou résultant de tuberculose localisée des ganglions de cette région".

Scrofules au cou d'un enfant,
Atlas of Clinical Medicine, 1893
Comme son nom l'indique
Quoiqu'il en soit, rien de très rassurant pour celui ou celle qui s'en voit affublé. Les symptômes sont plutôt visibles, comme mentionné dans Wikipédia : "maladie qui se caractérise par des fistules purulentes localisées sur les ganglions lymphatiques du cou.  
Le dégoût suscité par les symptômes explique bien l'étymologie des scrofules.  
La photo ci-contre parle d'elle-même...

De bien étranges traitements
Tout comme beau nombre de pathologies, à l'époque la variété des méthodes n'avait d'égal que leur côté plutôt rebutant aux yeux d'un "homme moderne civilisé" si je puis dire. Arsenic, phosphate, iode, et bien sûre cette bonne vieille huile de foie de morue étaient ingérés (pour cette dernière) ou appliqué directement sur la plaire. Selon Pierre Lalouette, auteur du Traité des scrofules vulgairement appelées écrouelles ou humeurs froides, pas question de passer sur le billard, comme il le précise : "je bannis de la cure des Scrophules toutes les opérations chirurgicales, presque toujours meurtrières". En gros, il était plutôt question de laisser faire la nature, puisque celle-ci faisait très bien le boulot chez les animaux, sans le moindre recours à de quelconques opérations. 
Mais parmi tous les traitements en vigueur dans les temps passés, il en est un que je ne pouvait omettre, et qui fait d'ailleurs l'objet de ce qui suit.

Le toucher royal
S'il y a bien une chose qui fonctionnait lors de la plupart des thérapies prodiguées au peuple, c'est l'autosuggestion, et ce peu importe la pathologie dont il souffrait. Certains avancent même que plus la médecine est intervenue, et moins la guérison par le toucher était efficace. En effet, le public était moins récepteur à l'autosuggestion à partir du moment où l'on commença à démystifier l'éventuelle efficacité d'une pratique religieuse ou métaphysique, en l'occurrence du toucher royal, et à beaucoup plus s'orienter vers la médecine (fin du XVIIè siècle).
Illustrant parfaitement le principe des rois thaumaturges (1), cette pratique désormais perçue comme parfaite illustration de l'effet placebo avait pour but de guérir les fameuses écrouelles (ou scrofules, c'est selon). 

On ne badine pas avec les écrouelles
Dès le début, lors des premiers touchers royaux, on a opéré une sélection parmi tous les candidats au toucher, afin de ne la prodiguer qu'aux seules personnes réellement atteintes du mal. Et ce pour une simple et bonne raison : le roi n'était sensé guérir que les seules écrouelles, et non toutes sortes de maux présents à l'époque, et pouvant être dus à un manque d'hygiène. 
Henri IV touchant les écrouelles
Une fois la sélection opérée, les malades défilaient auprès du roi. Pendant que l'on tenait leurs mains et leurs têtes, le thaumaturge appliquait ses mains sur ces dernières. Les médecins étaient les seuls à toucher les patients de façon prolongée, alors que le roi ne faisait que les effleurer en prononçant une formule consacrée : "Le roi te touche, Dieu te guérit" (formule attestée à partir du XVIè siècle). En effet, la croyance était telle que le peuple croyait en l'incarnation divine du roi, ou du moins que celui-ci pouvait être le bras droit de celui qu'ils priaient. Dès lors, c'est toujours dans une période qui suivait de très près le sacre du roi que les touchers étaient effectués, et ce dès Robert II, le capétien (972-1031 PCN). Ensuite s'ensuivit toute une série de rois (et donc de touchers). 
Louis XIII toucha 3125 rien qu'en 1620, alors que son successeur Louis XIV en toucha au total plus de 200 000 !
Le dernier pratiquant cette forme de thaumaturgie fut Charles X, arrivé au trône en 1825.



LEXIQUE
(1) La thaumaturgie désigne le fait de faire des miracles, notamment en terme de guérison. De thauma (dieu) et urgein (produire, opérer). Par extension, un thaumaturge est une personne qui prétend accomplir des miracles, défier les lois de la nature

WEBOGRAPHIE et BIBLIOGRAPHIE
  • Marc BLOCH, Les rois thaumaturges, 1924
  • Lire le Traité des scrofules vulgairement appelées écrouelles ou humeurs froides (Pierre LALOUETTE, 1780) - gratuit sur Google Books
  • Lire l'article très complet sur le site du CAIRN

samedi 9 novembre 2013

La Théorie des Humeurs

Une humeur, ce n'est pas qu'un état moral. 
Pour mieux comprendre ce dont il s'agit, penchons nous avant tout sur son étymologie.
En fouillant quelque peu, on remarque que humeur est issu du latin umor (liquide), lui-même issu du grec ancien. De plus, parmi ses confrères de même origine, on trouvera bien sûr le mot humour, mais aussi humide. Un bien étrange lien entre l'humeur et l'état d'esprit, et qui s'explique avec quelques mots d'Histoire.

L'illustration du corps humain entouré
des quatre éléments
(Hildegard von Bingen, XIII° s.)
Si l'on s'en réfère au "DMC" (Dictionnaire des Mots et des Choses, Larive et Fleury, 1903), une humeur était à l'époque "toute substance liquide ou à demi liquide existant dans le corps de l'homme ou dans celui des animaux". D'après le même dictionnaire, il existe plus précisément des humeurs cardinales, qui ne sont autres que le sujet de ce post. 
Depuis les médecins antiques (dont Hippocrate et Galien) et dans les médecines arabes occidentales, et ce jusqu'au XIXème siècle, on croyait encore que le comportement, le tempérament ainsi que tout trouble ou maladie étaient liés aux fluides corporels. 
Ces liquides étaient au nombre de quatre. Le sang, la bile jaune, la bile noire et le flegme.A l'excès de chacune d'entre elles correspondait un type particulier d'aliénation de l'esprit : le flegme entraîne la léthargie (flegmatique), la bile jaune entraîne la frénésie ou folie furieuse, et enfin la bile noire qui engendre la mélancolie. Cette dernière est d'ailleurs issue du grec melankholia ("bile noire" ou "humeur noire"), et a longtemps été expliquée par un dérèglement de l'humeur y liée. 

La théorie des humeurs

Loin de simples affabulations et autres élucubrations spontanées, les humeurs ont fait jusqu'au XVIII° siècle (et toujours actuellement dans certaines doctrines) l'objet d'une étude "sérieuse".
Cette théorie, issue des écrits d'Hippocrate, père de la médecine, est basée sur l'existence des quatre fluides représentant les quatre éléments, accompagnés de leurs qualités respectives (chaud, froid, sec et humide), présents dans le corps humain : 
  • Le sang, issu du foie, représente l'air
    Barthélemy l'Anglais,
    Le Livre des propriétés des choses,
    France, XVe s. Français 135, fol. 91.
  • La bile jaune représente le feu
  • La bile noire ou atrabile, issue de la rate représente la terre
    Selon Hippocrate, la moins stable des quatre humeurs. 
    Selon Galien, le rire en favoriserait l'évacuation.
    Son déséquilibre pourrait provoquer l'hypocondrie (le fait de toujours croire que l'on est atteint d'une maladie) mais aussi une forme de dépression (crainte, tristesse et mal-être). C'est la prédominance de cette humeur qui provoqua la chute d'Adam et Eve, expliquant ainsi le caractère vicieux et mortel de l'homme moderne.
    Baudelaire utilisa la principe de la bile noire pour le "Spleen" (venant du grec splèn = rate)
  • La lymphe, pituite ou flegme représente l'eau

Tout excès déterminait le caractère de la personne. Ainsi, un sanguin est quelqu'un de jovial, un bilieux est très nerveux et "enclin à la colère" alors qu'un atrabilaire est quelqu'un de mélancolique ou qu'un flegmatique est quelqu'un de très calme qui se laisse rarement emporter.

Pour éviter les "sautes d'humeur", le corps doit se trouver en équilibre d'humeurs, appelé "crase" (le déséquilibre étant la dyscrasie), faute de quoi les maladies physiques ou psychiques surviennent.
La quantité de chacune de ces humeurs était influencée par les saisons, mais aussi par les âges de la vie. 

Les trois stades de la maladie
Selon Hippocrate, il existerait trois stades.
1. Sous l'effet de facteur internes ou externes (alimentation, géographie...)l'équilibre se voit modifié, et des humeurs viciés se formeraient.
2. L'organisme réagit à ce déséquilibre, ce qui se manifeste par de la fièvre. L'état du patient se détériore.
3. Soit le patient guéri par l'évacuation des humeurs excédentaires et/ou viciées, soit il meurt. 
Là où la théorie hippocratique se révèle digne d'intérêt, c'est qu'elle tient compte de toutes sortes de facteurs, tels que la géographie, le climat, le sexe, l'alimentation, son désir de guérir.
La confiance du patient en la thérapie ainsi que la pertinence du pronostic sont nécessaires à l'efficacité des soins prodigués.
Les principes les plus importants dont de ne pas nuire, de vaincre le mal par son contraire, 
mais aussi d'agir avec modération. 

Un peu d'histoire
Historiquement, le premier à avoir énoncé cette théorie est Empédocle (485-435 ACN). Hippocrate n'en est donc pas le fondateur, mais bel et bien celui qui en a énoncé clairement et de façon cohérente les grands principes. On a donc tendance à appeler les humeurs cardinales "humeurs d'HIppocrate" ou "humeurs de Gallien".

D'autres humeurs
En poursuivant nos recherches, on tombe sur d'autres sortes d'humeurs que celles sus-mentionnées dans ce post. Passons à côté de la très connue "mauvaise humeur", etc. Celle qui retiendra le plus notre attention est l'humeur froide, qui n'est autre que le nom populaire de la scrofule (voir article "Le toucher royal".

Un peu d'étymologie
D'autres mots ont aussi la même origine. Humide, bien sûr, mais aussi humour. Notons certains mots du Dictionnaire des Dictionnaires (XIX°s.) : l'adjectif humoral (qui a rapport aux humeurs). Un humoriste était un médecin des humeurs, mais aussi - au sens familier - quelqu'un de difficile à vivre. Un son humorique, quant à lui, était un son analogue à celui que produit un liquide contenu dans une cavité dont on percute les parois. 

LIENS
La théorie des humeurs sur Medieval et Moyen-Âge
Excellent article sur La théorie des Humeurs sur Quantara

jeudi 12 septembre 2013

RFI | Chine : à la recherche du grand exorciste


Des églises en pleine Chine, vous y croyez ? Et pourtant ça existe bel et bien, et plus que l'on ne s'y attendrait. Et pour cause : les démons !

Allons à la rencontre de cette étrange cultures du Diable, issue du site de RFI.

"Quand une personne est guérie, tout son entourage se converti."

"Parfois certains comportements [diaboliques] sont liés à des problèmes psychiatriques."

Par Stéphane Lagarde

Un voyage peu ordinaire et quelques frissons à présent… Nous vous proposons de partir dans la Chine intérieure à la rencontre de chrétiens en guerre contre… le diable ! Notre envoyé spécial, Stéphane Lagarde, s’est rendu dans le Hebei, la grande province qui entoure la capitale chinoise. Ce paysage de vignes a autrefois attiré les missionnaires jésuites. Et c’est encore aujourd’hui, la région qui compte la plus grande concentration de catholiques en Chine, plus d’un million selon les statistiques officieuses. Dans ces campagnes arides, la religion chrétienne se mélange aux superstitions ancestrales qui elles aussi ont survécu aux aléas de l’histoire. Une « église du silence » qui se cache - car non reconnue officiellement par les autorités chinoises - ancrée dans ses traditions et donc en lutte contre les démons.

Télécharger le reportage


vendredi 17 mai 2013

Guillotine

Un forum participatif sur le thème de la guillotine, les exécutions, bourreaux, condamnés, etc. 
De nombreux posts plus ou moins modérés : http://guillotine.cultureforum.net

Radio : l'heure du crime

Conteur hors pair, Jacques Pradel vous plonge chaque jour au cœur de grands faits divers qui marquent ou ont marqué notre société. Il vous fait vivre ou revivre  -archives sonores, protagonistes et grands témoins à l’appui- l’ambiance de grandes affaires et vous guide dans les arcanes de la justice. 

Loin d’être uniquement tourné vers le passé, Jacques Pradel n’hésite pas à bousculer son émission pour éclairer et commenter un fait de société au cœur de l’actualité. Il peut également accueillir en fil rouge un acteur de la scène judiciaire : expert, criminologue, policier, magistrat, journaliste ou avocat pour évoquer les grandes affaires qui ont marqué sa vie, son parcours.
 

Découvrez entr'autre les épisodes suivants : 
L'heure du crime : page web générale

mercredi 15 mai 2013

Radio : Langues de Metal

Radio Panik, vous connaissez ?
Non ? Alors je vous propose de découvrir tout de suite via une émission toute spécialement pertinente sur ce blog. Découvrez "Langues de metal" : Quand les langues singulières rencontrent la musique du Diable

lundi 13 mai 2013

Interview de Stéphane Bourgoin


Dans le dernier article, je vous parlais de Stéphane Bourgoin, spécialiste français mondial des tueurs série depuis de nombreuses années.
Comme vous devez vous en douter, je ne pouvais rater sa venue dans la région.
C'est donc avec mes collègues de MLFF (site web) que je me suis rendu au Foyer Culturel de Sprimont pour interview LE spécialiste ès Serial Killer.
Bonne écoute ! 

mercredi 27 février 2013

Stéphane Bourgoin : Serial killers (extraits)

Les tueurs en série : un sujet qui fascine, qui intrigue, qui effraye, et qui ne laisse personne indifférent. 
Pour plusieurs raisons, l'homme s'intéresse à ses semblables, et d'autant plus lorsque ceux-ci ont une "particularité", souffrent de déviances et d'un comportement hors-norme. Alors quand ils jouent avec la vie et la mort, on peut souvent en arriver au comble de l'horreur. Pour y voir plus clair et éviter les raccourcis ou autres dérives malsaines et/ou voyeuristes, il est donc important d'adopter une approche rationnelle, posée et objective. 
Dans ce cadre, un personne ressource s'impose à moi depuis de nombreuses années, en la personne de Stéphane Bourgoin. 
Eminent spécialiste des tueurs en série, Stéphane Bourgoin est devenu le référent mondial francophone en la matière. Victime lui-même de ce "phénomène", puisque sa compagne fut sauvagement assassinée par un serial killer dans les années 70', il s'y intéresse et nous livre son expérience, son savoir, ses impressions et de précieuses informations, à travers des livres, articles, reportages et documentaires. 
Entr'autre, il a rédigé de nombreux ouvrages, dont le très pertinent "Serial Killers : enquête mondiale sur les tueurs en série".

En voici quelques extraits, tirés de l'édition de 2011, revue et augmentée.

Le mythe de l'Ardenne-refuge

Lors de quelques fouilles dans de vieux papiers (j'adore ça, j'avoue), voici le résultat d'une trouvaille.

Bonne lecture !

Des quatre fils Aymon aux proscrits d'Aywaille

Assassinats sans cadavres dans le val d'Amblève

mardi 26 février 2013

Monsieur Hawarden ou le crime parfait



Lors de quelques fouilles dans de vieux papiers récupérés de la maison de Mr Maréchal, décédé il y a peu, j'ai pu découvrir une coupure de presse relatant la présence d'un personne plutôt... atypique. En voici la retranscription intégrale (ne manque que la photo de la "ferme Micha", que je tâcherai de publier dès que possible. 

Bonne lecture !

Le secret d'une tombe, à Ligneuville

Un soir d'hiver, dans un paysage de neige, un homme dune rare élégance descendait de berline devant une ferme de Ligneuville. Qui était-il ? D'où venait-il ? Personne  n'aurait pu le dire en dehors de celui qui l'accompagnait et ne révélerait pas son secret. Le thème d'un roman pour Alexandre Dumas s'annonçait, en la personne de M. Hawarden. Nous étions en 1848... En ces années on ne devait pas trop s'étonner de voir des étrangers venus du Sud, fuyant quelque compromission politique. Pourtant, M. Hawarden deviendrait rapidement un de ces personnages qui excitent la curiosité, mais qu'on n'ose pas interroger. 

lundi 11 février 2013

arte RADIO : Faits divers


Sur les lieux du crime (7’44’’)
« Des pâtés à la viande »
Léo Pajon

De quelques faits divers historiques et répugnants, survenus au cours des siècles dans la bonne ville de Paris. Des histoires passionnelles et sanglantes racontées par Serge Garde, coauteur du 'Guide du Paris des faits divers' (Le Cherche-Midi.) Une ballade historique mise en sons par Léo Pajon.

Enregistrements : novembre 04
Mix : Irvic d'Olivier
Reportage & réalisation : Léo Pajon

arte RADIO : Louis Bachelot

Louis Bachelot est dessinateur pour "Le Nouveau Détective", le journal des faits divers horribles et des unes racoleuses. Pour réaliser les images-chocs de crimes et autres drames domestiques, il met en scène sa propre famille... Un document vrai, un portrait sonore à mourir de rire.

Enregistrements : décembre 05
Mix : Christophe Rault
Réalisation : Jean-Louis Rioual

mardi 26 juillet 2011

"Mysoginie" : petites explications

Lors de la lecture d'un ouvrage sur la sorcellerie, j'ai eu le plaisir de tomber sur cet extrait, qui m'a semblé... plutôt intéressant. Au programme : comprendre la mysoginie.

Bonne lecture !


[...]
L'attitude masculine à l'égard du "deuxième sexe" a toujours été contradictoire, oscillant de l'attirance à la répulsion, de l'émerveillement à l'hostilité. Le judaïsme biblique et le classicisme grec ont tour à tour exprimé ces sentiments opposés. De l'âge de la pierre, qui nous a laissé beaucoup plus de représentation féminines que masculines, jusqu'à l'époque romantique, la femme a été, d'une certaine façon, exaltée. D'abord déesse de la fécondité, "mère aux seins fidèles", et image de la nature inépuisable, elle devient avec Athéna la divine sagesse, avec la Vierge Marie le canal de toute grâce et le sourire de la bonté suprême.

lundi 25 juillet 2011

Les sorciers de nos jours

extrait de La sorcellerie, Jacques LOVICHI, Larousse, 1980

[...] Leur pouvoir diminue singulièrement. L'ère atomique et ses progrès immenses en toutes directions leur causent beaucoup de torts. Si la superstition se rencontre partout, et pas seulement dans les campagnes, souvent d'ailleurs à l'état résiduel, la sorcellerie perd son empire.

Occultisme

extrait de La Sorcellerie, Jacques LOVICHI, Larousse, 1980
[...] Car si ces pratiques, à proprement parler religieuses, ne s'accomplissent pas en plein soleil, devant la tribu ou le peuple assemblés, c'est que la notion même d'occultisme implique le secret, l'ombre, la nuit, et que la détention de ces redoutables pouvoirs doit êtres réservée à ceux qui sont capables de les utiliser pour et non contre la société dont ils sont l'émanation la plus haute. Le secret ne doit pas tomber en n'importe quelles mains. [...]

lundi 6 juin 2011

Débilité mentale

La débilité mentale est une infirmité d'évolution. Elle constitue le premier groupe des états dégénératifs, le second étant constitué par les monstruosités. La débilité mentale se manifeste aussi bien dans l'ordre physique que dans l'ordre psychique par des déviations embryogénétiques, par des stigmates indélébiles qui peuvent s'accompagner à certains moments de phénomènes épisodiques : névroses et psychoses de dégénérés.

dimanche 5 juin 2011

Epilepsie


L'épilepsie (également comitialité, mal comitial), parfois nommée encore haut mal, mal caduc ou mal sacré, est une affection neurologique caractérisée par des crises d'épilepsie, symptômes soudains, se caractérisant par une hyperactivité cérébrale paroxystique pouvant se manifester par des convulsions ou une perte de conscience, voire par des hallucinations complexes inaugurales (visuelles et/ou auditives et/ou somesthésiques), avec ou sans convulsions, mais ce n'est pas une maladie mentale, contrairement à l'image qu'on peut avoir des malades.
(extrait de Wikipedia)


Ci-dessus :
Hallucination d'épilepsie hystérique (La Salpétrière, Paris)



De par son caractère inexpliqué et les crises soudaines qui en sont caractéristiques, l'épilepsie a longtemps été considérée comme un signe de possession. Encore en ce début de siècle, de nombreux récits attestaient de "comportements démoniaques", alors que la plupart d'entre eux pouvaient très certainement être attribués à cette maladie.
Cette interprétation "maléfique" est toutefois compréhensible, lorsque l'on considère la force déployée par les personnes atteintes, et la violence des crises. De plus, tout un tas de superstitions religieuses très présentes furent, comme dans la plupart des domaines scientifiques et médicaux, un frein à la compréhension de l'épilepsie. Les noms dont on l'affubla en sont une très bonne illustration : Le haut Mal, Le mal / La danse de Saint-Jean, Le mal sacré, etc.

Aussi, de nombreux exorcismes furent pratiqués sur des personnes atteintes d'épilepsie. Par exemple, le cas d'Emilie Rose (duquel un film fut adapté), qui s'appelait en réalité Anneliese Michel, était apparemment bel et bien un problème d'épilepsie, d'après les médecins qui l'ont entouré. Sa possession aurait pu être un effet d'auto persuasion (c'est elle qui prétendait la première avoir été possédée), du très probablement à sa ferveur religieuse face à l'incapacité des médecins à la guérir de son épilepsie.

Ci-contre : Anneliese Michel, aussi appelée (Emilie Rose)

Lors de la Transfiguration (épisode biblique), la famille d'un jeune épileptique espèrent que Jésus pourra le soigner, comme l'explique l'article ci-dessous.


Article issu de Epilepsie et Renaissance (page web)
image provenant de la même page

Dans sa célèbre Transfiguration, commandée par le cardinal Giulio de’Medici pour le maître-autel de la cathédrale de Narbonne, Raphaël raconte deux événements qui, d’après les sources bibliques, se sont déroulés au même moment en deux endroits différents. Pendant que, dans la partie supérieure, le Christ est transfiguré, dans la partie inférieure, neuf de ses apôtres tentent de guérir un jeune épileptique mais n’y parviennent pas. Comme l’ont remarqué de grands spécialistes de la maladie, la crise d’épilepsie est dépeinte avec tant de précision et d’exactitude qu’elle ne peut pas ne pas avoir été observée et dessinée sur le vif. Il revient donc aux historiens de l’art de chercher pour quelle raison le peintre a donné une description aussi exceptionnellement exacte de la maladie dans un tableau d’autel qui répond avant tout à des fonctions dévotionnelles et liturgiques. Selon toute probabilité, Raphaël voulait donner une image aussi frappante que possible de la « maladie » de l’Eglise et suggérer que seule la foi, symbolisée par les deux petits personnages juchés en haut à gauche du tableau, parviendrait à guérir cette « maladie ».

En réponse à l'épilepsie vue comme une "possession"
extrait de L'exorciste, William Peter Blatty

[...]
- Ecoutez, nous ne sommes pas encore absolument certains de ce qu'elle a, et je vous accorde que vous aviez peut-être raison au début ; il est très possible que ce soit psychosomatique. Néanmoins, j'en doute, personnellement. Et quant à votre question, je répondrai que toute perturbation cérébrale peut déclencher une convulsion chez l'épileptique : les soucis, la fatigue, le choc émotionnel, une certaine note jouée sur un instrument de musique... que s ais-je ! J'ai eu jadis un malade qui n'avait jamais d'attaque, si ce n'est dans l'autobus et encore à un certain endroit, quand il arrivait devant un certain pâté de maisons près de chez lui. Bon, eh bien, nous avons fini par découvrir ce qui la déclenchait : un vif éclair de lumière du à la réflexion d'une barrière blanche sur la vitre de l'autobus. A une autre heure de la journée ou si l'autobus avait roulé plus lentement, il n'aurait pas eu ces convulsions, voyez-vous. Il présentait une lésion du cerveau, une cicatrice, séquelle d'une quelconque maladie d'enfance. Dans le cas de votre fille, la cicatrice aurait son siège là, dans le lobe temporal, et lorsqu'elle serait frappée par un influx électrique d'une certain amplitude et d'une certaine fréquence, cela déclencherait une réaction anormale soudaine dans la profondeur du lobe. Vous comprenez ?
- Je crois comprendre, soupira Chris, abattue. mais ce que je ne comprends pas c'est pourquoi toute sa personnalité est changée.
- Quand le lobe temporal est en cause, c'est extrêmement fréquent, et cela peut durer quelques jours ou quelques semaines. Il n'est pas rare de se trouver devant un comportement destructeur, voire même criminel, parfois. Au point qu'il y a seulement deux à trois cents ans, les malades présentant des troubles dus à une lésion du lobe temporal étaient souvent considérés comme démoniaques.
- Comme quoi ?
- Démoniaques ; on pensait qu'ils étaient possédés du démon. Vous savez, quelque chose comme une version superstitieuse du dédoublement de la personnalité.
[...]

Liens :




mercredi 30 mars 2011

La Sorcellerie en Ardenne, par Albert Moxhet


télécharger
La Sorcellerie en Ardenne : enregistrement de la conférence (environ une heure)

Ecoutez et partagez la conférence donnée par Albert Moxhet, folkloriste de renom, lors de sa venue à Verviers le samedi 26 mars 2011, au Musée des Beaux-Arts (page internet).

A cause d'un soucis technique, j'ai été contraint de retirer les questions et réponses ayant suivis la conférence. Veuillez m'en excuser.

Un tout grand merci à Albert Moxhet pour sa conférence et son aimable autorisation.

A lire : «La sorcellerie en Ardenne», aux Editions du Perron, Les guides du club Ardennais, 1991

Vous retrouverez ici sa bibliographie complète.

dimanche 20 mars 2011

Relaps

(nom masculin)
Qui est retombé dans l’hérésie après l’avoir abjurée une première fois.
Jeanne d’Arc fut condamnée comme relapse.

Source
Wiktionnaire

Lamie

(nom féminin)
Dans la mythologie grecque, Lamia (en grec ancien Λάμια / Lámia) ou Sybaris (Σύϐαρις / Súbaris) est la fille du roi Bélos (ou bien de Poséidon et de Libye selon les traditions).

Par extension, en Europe occidentale, il fut souvent employé pour désigner les sorcières.

Ci-dessus, à gauche : Lamia, de Herbert Draper (1864-1920)
Ci-dessus, à droite : photo d'une "lamie", trouvée sur le web
Liens
Sur Wikipedia
Homonymies

Sources
Wikipedia