dimanche 5 juin 2011

Epilepsie


L'épilepsie (également comitialité, mal comitial), parfois nommée encore haut mal, mal caduc ou mal sacré, est une affection neurologique caractérisée par des crises d'épilepsie, symptômes soudains, se caractérisant par une hyperactivité cérébrale paroxystique pouvant se manifester par des convulsions ou une perte de conscience, voire par des hallucinations complexes inaugurales (visuelles et/ou auditives et/ou somesthésiques), avec ou sans convulsions, mais ce n'est pas une maladie mentale, contrairement à l'image qu'on peut avoir des malades.
(extrait de Wikipedia)


Ci-dessus :
Hallucination d'épilepsie hystérique (La Salpétrière, Paris)



De par son caractère inexpliqué et les crises soudaines qui en sont caractéristiques, l'épilepsie a longtemps été considérée comme un signe de possession. Encore en ce début de siècle, de nombreux récits attestaient de "comportements démoniaques", alors que la plupart d'entre eux pouvaient très certainement être attribués à cette maladie.
Cette interprétation "maléfique" est toutefois compréhensible, lorsque l'on considère la force déployée par les personnes atteintes, et la violence des crises. De plus, tout un tas de superstitions religieuses très présentes furent, comme dans la plupart des domaines scientifiques et médicaux, un frein à la compréhension de l'épilepsie. Les noms dont on l'affubla en sont une très bonne illustration : Le haut Mal, Le mal / La danse de Saint-Jean, Le mal sacré, etc.

Aussi, de nombreux exorcismes furent pratiqués sur des personnes atteintes d'épilepsie. Par exemple, le cas d'Emilie Rose (duquel un film fut adapté), qui s'appelait en réalité Anneliese Michel, était apparemment bel et bien un problème d'épilepsie, d'après les médecins qui l'ont entouré. Sa possession aurait pu être un effet d'auto persuasion (c'est elle qui prétendait la première avoir été possédée), du très probablement à sa ferveur religieuse face à l'incapacité des médecins à la guérir de son épilepsie.

Ci-contre : Anneliese Michel, aussi appelée (Emilie Rose)

Lors de la Transfiguration (épisode biblique), la famille d'un jeune épileptique espèrent que Jésus pourra le soigner, comme l'explique l'article ci-dessous.


Article issu de Epilepsie et Renaissance (page web)
image provenant de la même page

Dans sa célèbre Transfiguration, commandée par le cardinal Giulio de’Medici pour le maître-autel de la cathédrale de Narbonne, Raphaël raconte deux événements qui, d’après les sources bibliques, se sont déroulés au même moment en deux endroits différents. Pendant que, dans la partie supérieure, le Christ est transfiguré, dans la partie inférieure, neuf de ses apôtres tentent de guérir un jeune épileptique mais n’y parviennent pas. Comme l’ont remarqué de grands spécialistes de la maladie, la crise d’épilepsie est dépeinte avec tant de précision et d’exactitude qu’elle ne peut pas ne pas avoir été observée et dessinée sur le vif. Il revient donc aux historiens de l’art de chercher pour quelle raison le peintre a donné une description aussi exceptionnellement exacte de la maladie dans un tableau d’autel qui répond avant tout à des fonctions dévotionnelles et liturgiques. Selon toute probabilité, Raphaël voulait donner une image aussi frappante que possible de la « maladie » de l’Eglise et suggérer que seule la foi, symbolisée par les deux petits personnages juchés en haut à gauche du tableau, parviendrait à guérir cette « maladie ».

En réponse à l'épilepsie vue comme une "possession"
extrait de L'exorciste, William Peter Blatty

[...]
- Ecoutez, nous ne sommes pas encore absolument certains de ce qu'elle a, et je vous accorde que vous aviez peut-être raison au début ; il est très possible que ce soit psychosomatique. Néanmoins, j'en doute, personnellement. Et quant à votre question, je répondrai que toute perturbation cérébrale peut déclencher une convulsion chez l'épileptique : les soucis, la fatigue, le choc émotionnel, une certaine note jouée sur un instrument de musique... que s ais-je ! J'ai eu jadis un malade qui n'avait jamais d'attaque, si ce n'est dans l'autobus et encore à un certain endroit, quand il arrivait devant un certain pâté de maisons près de chez lui. Bon, eh bien, nous avons fini par découvrir ce qui la déclenchait : un vif éclair de lumière du à la réflexion d'une barrière blanche sur la vitre de l'autobus. A une autre heure de la journée ou si l'autobus avait roulé plus lentement, il n'aurait pas eu ces convulsions, voyez-vous. Il présentait une lésion du cerveau, une cicatrice, séquelle d'une quelconque maladie d'enfance. Dans le cas de votre fille, la cicatrice aurait son siège là, dans le lobe temporal, et lorsqu'elle serait frappée par un influx électrique d'une certain amplitude et d'une certaine fréquence, cela déclencherait une réaction anormale soudaine dans la profondeur du lobe. Vous comprenez ?
- Je crois comprendre, soupira Chris, abattue. mais ce que je ne comprends pas c'est pourquoi toute sa personnalité est changée.
- Quand le lobe temporal est en cause, c'est extrêmement fréquent, et cela peut durer quelques jours ou quelques semaines. Il n'est pas rare de se trouver devant un comportement destructeur, voire même criminel, parfois. Au point qu'il y a seulement deux à trois cents ans, les malades présentant des troubles dus à une lésion du lobe temporal étaient souvent considérés comme démoniaques.
- Comme quoi ?
- Démoniaques ; on pensait qu'ils étaient possédés du démon. Vous savez, quelque chose comme une version superstitieuse du dédoublement de la personnalité.
[...]

Liens :




mercredi 30 mars 2011

La Sorcellerie en Ardenne, par Albert Moxhet


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La Sorcellerie en Ardenne : enregistrement de la conférence (environ une heure)

Ecoutez et partagez la conférence donnée par Albert Moxhet, folkloriste de renom, lors de sa venue à Verviers le samedi 26 mars 2011, au Musée des Beaux-Arts (page internet).

A cause d'un soucis technique, j'ai été contraint de retirer les questions et réponses ayant suivis la conférence. Veuillez m'en excuser.

Un tout grand merci à Albert Moxhet pour sa conférence et son aimable autorisation.

A lire : «La sorcellerie en Ardenne», aux Editions du Perron, Les guides du club Ardennais, 1991

Vous retrouverez ici sa bibliographie complète.

dimanche 20 mars 2011

Relaps

(nom masculin)
Qui est retombé dans l’hérésie après l’avoir abjurée une première fois.
Jeanne d’Arc fut condamnée comme relapse.

Source
Wiktionnaire

Lamie

(nom féminin)
Dans la mythologie grecque, Lamia (en grec ancien Λάμια / Lámia) ou Sybaris (Σύϐαρις / Súbaris) est la fille du roi Bélos (ou bien de Poséidon et de Libye selon les traditions).

Par extension, en Europe occidentale, il fut souvent employé pour désigner les sorcières.

Ci-dessus, à gauche : Lamia, de Herbert Draper (1864-1920)
Ci-dessus, à droite : photo d'une "lamie", trouvée sur le web
Liens
Sur Wikipedia
Homonymies

Sources
Wikipedia


Ostracisme

(nom masculin)
Vient du grec ἐξοστρακίζω, « bannir par ostracisme ») (de ὄστρεον, originellement la coquille d'huître, puis le tesson et du latin ismus « -isme », correspondant à la notion de système dans la composition d'un mot).
  • A l'époque athénienne, l'ostracisme est le bannissement d'un individu de la cité par décision des citoyens pour une durée maximale de dix ans.
  • En sociologie, l'ostracisme est une forme d'exclusion sociale qui survient à l'occasion dans certains groupes particuliers.
Ci-dessus : bulletin de vote façon athénienne, dénommé ostrakon (d'après un mot qui désigne une huître, car les premiers bulletins de cette sorte n'étaient rien d'autre que des coquilles d'huître).Il s'agit ici d'un morceau de terre cuite sur lequel on inscrit le nom des citoyens et magistrats qu'on se propose d'exclure de la cité. Cette mesure d'exclusion a donné le mot ostracisme. Le bulletin ci-contre porte le nom de Thémistocle, grand général exilé en 482 sous la pression de la cité rivale de Sparte.

Fabliaux

Fabliau (du picard fabliau, lui-même issu du latin fabula) signifie littéralement « petit récit » ; c'est le nom qu'on donne dans la littérature française du Moyen Âge à de petites histoires en vers simples et amusants, et qui ne se proposent guère que distraire ou faire rire les auditeurs et les lecteurs ainsi que de donner des leçons de morale.

Ci-dessus : exemple d'un fabliau
Manuscrit tiré de Fabliaux divers, de Watriquet de Couvin (Paris, ca. 1330))

Liens
Beaucoup de fabliaux sur Fontenele
Différents fabliaux consultables sur Wikisource
Sur Wikipedia
Sur le site du Collège Doisneau


Exemple de fabliau

Brunain la vache au prêtre
de Jean Bodel (XIIème siècle)
Traduction en français moderne
Version originale

C’est d’un vilain et de sa femme
que je veux vous raconter l’histoire.
Pour la fête de Notre-Dame, ils
allaient prier à l’église. Avant
de commencer l’office, le curé
vint faire son sermon ; il dit
qu’il était bon de donner
de tout son cœur au Bon Dieu et que celui-ci vous rendait le double.
« Entends-tu, belle sœur, ce qu’a dit le
fou ? » fait le vilain à sa femme.
« Qui pour Dieu donne de bon cœur
recevra de Dieu deux fois plus.
Nous ne pourrions pas mieux employer
notre vache, si bon te semble,
que de la donner au curé.
Elle a d’ailleurs si peu de lait.
— Oui, sire, je veux bien qu’il l’ait,
dit-elle, de cette façon. »
Ils regagnent donc leur maison,
et sans en dire davantage.
Le vilain va dans son étable ;
prenant la vache par la corde,
il la présente à son curé.
Le prêtre était fin et madré :
« Beau sire, dit l’autre, mains jointes,
pour Dieu je vous donne Blérain. »
Il lui a mis la corde au poing,
et jure qu’elle n’est plus sienne.
« Ami, tu viens d’agir en sage,
répond le curé dom Constant
qui toujours est d’humeur à prendre;
Retourne en paix, tu as bien fait ton
devoir: si tous mes paroissiens étaient
aussi avisés que toi, j’aurais du bétail
en abondance. » Le vilain prend congé
du prêtre qui commande aussitôt
qu’on fasse, pour l’accoutumer, lier
Blérain avec Brunain, sa propre vache.

Le curé les mène en son clos,
trouve sa vache, ce me semble,
les laisse attachées l’une à l’autre.
La vache du prêtre se baisse,
car elle voulait pâturer.
Mais Blérain ne veut l’endurer
et tire la corde si fort
qu’elle entraîne l’autre dehors
et la mène tant par maison,
par chènevières et par prés
qu’elle revient enfin chez elle,
avec la vache du curé
qu’elle avait bien de la peine à mener.
Le vilain regarde, la voit ;
il en a grande joie au cœur.
« Ah ! dit-il alors, chère sœur,
il est vrai que Dieu donne au double.
Blérain revient avec une autre:
c’est une belle vache brune.
Nous en avons donc deux pour une.
Notre étable sera petite ! »

Par cet exemple, ce fabliau nous montre
que fol est qui ne se résigne.
Le bien est à qui Dieu le donne
et non à celui qui le cache et enfouit.
Nul ne doublera son avoir
sans grande chance, pour le moins.
C’est par chance que le vilain
eut deux vaches, et le prêtre aucune.
Tel croit avancer qui recule.

Sources
Wikipedia
Wikisource

Concile de Leptines

Concile réuni le 1er mars 743 par Carloman (le frère aîné de Charlemagne), à Leptines (devenu Essines, près de Mons) pour tenter de mettre fin aux pratiques païennes en Belgique, afin de faciliter la christianisation du peuple belge.

Entr'autres mesures, voici les deux principales :
  • Interdiction des pratiques magiques et astrologiques : condamnation des cérémonies de « vince luna », qui consistent à une série de « conduite de bruit » lors des éclipses de lune (culte cosmique de la femme), condamnation de la pratique de faire du feu à l’aide d’une baguette (feu sacré)
  • Institution de la precaria verbo regis, qui règle le problème des confiscations de biens de l’Église. Il est convenu que, pour aider l’armée, les biens accordés à un fidèle par le prince resteraient au bénéficiaire à condition qu’il reconnaisse les titres de propriété de l’Église par le paiement d’un cens.
Ci-dessus : Carloman

Source
Wikipedia & La Main Rouge

Liens
sur La Main Rouge
Site web d'Essines (partie Centre de Documentation)

Ci-contre : Timbre de commémoration du Concile de Leptines